Chères consœurs,
Chers confrères,
Nous, Rachel Saada et Marianne Lagrue - avocates depuis 1985 et 1997 - sommes fières et heureuses de présenter notre candidature au bâtonnat pour la mandature 2028-2029.
Engagées de longue date dans des combats citoyens et professionnels, nous exerçons dans des domaines où la combativité et la persévérance sont des vertus cardinales : le droit du travail et le droit des étrangers.
Fortes des mandats que nous avons déjà exercés tout au long de notre carrière (ordre, CNB, CNBF…), nous avons une vision précise de la profession dont nous connaissons les forces et les faiblesses.
Notre barreau compte près de 36 000 membres, toutes et tous inscrit·es sur la liste électorale et nous sommes pourtant moins de 12 000 à avoir voté lors des dernières élections.
Deux tiers du barreau ne participent pas au scrutin et ne se reconnaissent ni dans l’institution ordinale, ni dans ses candidat·es.
Notre barreau est à l’image de la société française : hétérogène, fracturé et inégalitaire.
Celles et ceux qui ont le plus besoin d’être défendu·es et représenté·es se détournent des urnes.
Nous nous sentons prêtes à porter votre voix parce que c’est aussi la nôtre.
Comme vous,
Nous exerçons dans des structures artisanales qui ont un lien privilégié avec le public,
Nous aimons le travail « sur mesure »,
Comme vous,
nous voulons pouvoir exercer notre métier avec fierté et sans compromis.
Pour pratiquer toutes deux dans des domaines laboratoires d’inégalités et de procédures accélérées, de renoncement et d’injustice, nous sommes particulièrement armées pour la bataille qui s’annonce en 2027.
Car nous avons un atout supplémentaire : celui d’avoir toujours cru dans la force et la réflexion du collectif.
Membres du Syndicat des Avocat·es de France, nous travaillons depuis longtemps sur les questions et les crises qui traversent la profession.
Cette réflexion sera mise au service de toutes et tous et saura s’enrichir de tous les points de vue.
Il faudra aussi savoir se battre au-delà de nos seuls intérêts professionnels et défendre l’État de droit car lorsqu’il est attaqué, les avocat·es figurent toujours parmi les premières cibles.
Ce sera donc le double défi de cette mandature, agir dedans et dehors.
Restaurer la profession, traversée par les inégalités et les discriminations, déstabilisée par des réformes tout aussi inefficaces que répétées, menacée par l’ultralibéralisme et l’intelligence artificielle qui peut faire craindre la disparition d’un certain barreau.
Pour cela, il faudra protéger l’exercice individuel et les petites structures qui sont l’âme de la profession.
Nous serons aussi la sentinelle des libertés : chaque fois qu’un régime s’en prend aux avocat·es, la démocratie est en danger.
Chaque fois que l’Etat de droit sera mis en cause nous parlerons haut et fort, sans attendre.